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Contrôleur de Gestion, 45 ans j'ai apprécié le caractère très pragmatique de l'approche de mon consultant : que demande le marché, qui aurait envie de m'embaucher, qu'est-ce qui me fait plaisir dans mon travail, dans quel environnement je souhaitais me retrouver, quelles sont les vraies raison de mon licenciement, quelle est ma part de responsabilité, quoi faire pour que cela ne se reproduise plus…. En fait une longue réflexion pour corriger mes faiblesses, optimiser mon parcours professionnel, mon plan de carrière, réfléchir à mes responsabilités à 5 ans. Il apparu qu'il me manquait une expérience dans les normes IFRS et Sarbane Auxley. Fort d'une courte formation dans ces domaines, nous avons pu développer une offre de service qui répondait aux attentes du marché. Nous avons identifié à l'aide des banques de données disponibles du cabinet toutes les entreprises qui avaient la nécessité de répondre à ces exigences financières. L'approche directe du « marché caché » m'a permis de retrouver très rapidement un poste de Contrôleur avec une forte augmentation de ma rémunération. L'accompagnement m'a fait gagner un temps considérable tout en optimisant la cohérence de mon parcours et certainement mon avenir professionnel. Je ne regrette pas de m'être fait licencier, je suis gagnant sur tous les plans : ayant commencé ma recherche d'emploi, dès que j'ai su que l'on envisageait mon licenciement, je n'ai pas été au chômage, j'ai touché une indemnité pratiquement nette d'impôts, je me retrouve dans une société que j'avais retenue, à proximité de chez moi dans un secteur en croissance, avec un salaire supérieur, et avec un objectif de carrière clairement défini. Un grand merci à mon consultant pour avoir su me fixer les bons objectifs à mi-parcours de ma carrière et avoir su révéler mes faiblesses en terme de comportement vis à vis de mes équipes et les correctifs à y apporter.
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J'ai 44 ans, diplômé de l'une de nos belles écoles d'ingénieur, cursus complété par des formations proposées régulièrement par mon entreprise qui fait partie du CAC 40. En 20 ans de carrière j'ai connu des promotions tous les deux à trois ans avec des responsabilités élargies pour atteindre le poste de responsable de la logistique pour tous nos produits exportés sur l'Europe de l'Est. Ma rémunération est de plus de 75 000 €. Ma longue expérience me permettait de trouver des réponses à toutes les difficultés, embûches, chausse-trappes, nouveaux formulaires à remplir, que nos amis de l'Est ne manquent pas d'imaginer pour rendre plus compliqué ce qui pourrait être simple. Depuis des années, je rentrais chez moi le soir, avec la satisfaction d'avoir largement contribué au développement de ma société dans ces pays. Surtout, j'aimais trouver des solutions aux commerciaux qui venaient me voir, ceux qui promettent la lune aux clients pour décrocher une affaire. J'étais incontournable, avec moi l'intendance suivait. En somme, tout allait bien, mon patron trouvait que je faisais un excellent job. Il ne manquait pas de me féliciter à l'occasion, ça fait toujours plaisir.
Le soir je racontais à ma femme mes hauts faits et les astuces que j'imaginais pour honorer les engagements pris dans les contrats signés par les commerciaux. Je trouvais qu'ils avaient la partie facile et qu'ils en retiraient tous les honneurs. Elle m'écoutait admirative. Mais un soir alors que je racontais mes derniers exploits, elle me posa une question qui m'interpella : " Depuis combien de temps tu fais le même boulot ?" Et oui comme le temps passe vite, déjà sept ans. Je pris le temps de réfléchir. Sept ans, un temps bien plus long que dans tous les postes que j'avais occupés auparavant. Et puis, cela commençait à faire bien longtemps que l'on ne m'avait pas inscrit à une nouvelle formation. En regardant autour de moi je ne pouvais que constater que bon nombre de mes collègues avaient connu des évolutions de carrière intéressantes, surtout de plus jeunes qui se voyaient proposer des postes où ils devaient diriger des cadres beaucoup plus âgés et expérimentés qu'eux mêmes.
Plus j'avançais dans ma réflexion plus je me rendais compte que j'étais devenu un bon et fidèle serviteur répondant parfaitement aux missions de mon poste mais laissé dans son coin. L'exemple même de ce que j'avais lu dans je ne sais quel magazine : "Jusqu'à 40 ans les sociétés chouchoutent les jeunes cadres à 'haut potentiel' et au-delà plus rien". Or j'étais bien conscient qu'à mon âge je n'avais accompli que la moitié de mon parcours professionnel. J'avais encore vingt ans à travailler. Si je ne faisais rien, si je ne bougeais pas d'emploi d'ici quelques années, on ne manquerait pas de me dire que je suis trop vieux, on est vite vieux, pardon senior en France. Les vrais postes de responsabilité, on les prend de plus en plus jeune. La moyenne d'âge des Dirigeants du CAC 40 n'a-t-elle pas baissé en cinq ans de 54 à 46 ans! Cela m'a fait froid dans le dos.
Ma femme qui occupe un poste à la Direction des Ressources Humaines d'une filiale d'un groupe américain, me fit remarquer que dans sa société, il était bien vu qu'après quarante ans les cadres fassent un bilan professionnel afin d'informer les gestionnaires de carrières des évolutions que chacun souhaitait donner à son parcours. Elle me conseilla de demander à mon patron de faire un Bilan de Compétences. Evidemment quand je lui en ai parlé, il n'a pas vu l'intérêt d'une telle démarche. Cela l'a même étonné, "ça ne va pas?" : il me connaissait très bien, on faisait le point chaque année à l'occasion des entretiens annuels d'évaluation. Mais je n'ai pas lâché, et sur mon insistance, il finit par accepter.
Ce fut pour moi une révélation. J'ai rapidement pris conscience que je m'étais installé dans le confort d'un poste que je maîtrisais parfaitement et que j'étais devenu "Le" logisticien des pays de l'Est, que cela arrangeait tout le monde et qu'on ne me voyait plus que dans ce rôle. Mon consultant me força alors à faire une analyse très fine de l'ensemble des responsabilités exercées dans chacun des postes occupés dans le passé afin de faire ressortir les compétences métiers acquises puis de les hiérarchiser à l'aide de deux critères : niveau de compétence et plaisir. Le niveau fut facile à fixer dans la mesure où il me demanda d'illustrer mes acquis d'expériences par des cas concrets et précis. Plus on maîtrise une compétence métier plus il est facile de le prouver. Moins on la maîtrise plus il est difficile de mettre en avant une expérience crédible. J'ai pu réaliser qu'au-delà de mon expertise dans la "logisticien pays de l'Est", j'avais des compétences de management d'équipe, de négociateur, d'organisation, le sens du commerce et des qualités de créativité, de rigueur et de ténacité.
Ce bilan me permit de prendre conscience que j'étais tout à fait capable d'assumer un poste de commercial à l'export. J'ai donc pris contact avec le Directeur Export pour lui faire part de mon désir d'évoluer, de ma motivation et de mon souhait de rejoindre son équipe. Et finalement il me confia la zone Sud-Est Asiatique alors que j'avais surtout œuvré dans les pays de l'Est. Il faut croire que j'ai su mettre en avant grâce au Bilan de Compétences mes qualités personnelles et mes compétences professionnelles.
Anticiper une rupture
- Nous connaissions depuis plusieurs années une croissance supérieure à celle du marché d'après les chiffres que nous communiquait notre fédération. Il faut dire qu'avec les trois autres membres du Comité Exécutif, nous formions une équipe très complémentaire : un PDG, gestionnaire formé par ses années passées en tant que contrôleur de gestion dans la filiale française d'une très importante multinationale américaine, un Directeur Industriel expérimenté sachant motiver et responsabiliser le personnel ouvriers et ingénieurs de nos quatre sites industriels, un DAF/Secrétaire Général pour toutes les fonctions supports et moi-même Directeur Commercial et Marketing. Nous nous réunissions tous les lundi matin pour examiner la situation et fixer les objectifs d'action de chacun. Nous partagions les mêmes valeurs et avions un même souci : apporter le maximum de satisfaction à nos clients.
Et puis, le jour vint où le Directeur Industriel atteint par la limite d'âge décida de prendre sa retraite. Une grande fête fut organisée pour marquer l'événement. Tout le monde le respectait et on sentait bien qu'un peu de la société partait avec lui. Il fut décidé de recruter un nouveau Directeur Industriel, chacun préconisant quelqu'un de jeune, autour de la quarantaine. Le candidat qui émergea fit l'unanimité : il avait acquis dans le secteur de l'automobile une forte expérience industrielle. Très rapidement pour montrer que nous étions ouverts à ses premières propositions, des budgets furent débloqués pour embaucher de jeunes ingénieurs et investir dans de nouveaux équipements plus productifs : robots et machines à commandes numériques.
Garçon intelligent, il montra à notre PDG que nous avions des capacités de production excédentaires donc inutilisées et que nous pouvions les rentabiliser en fabriquant des produits en sous-traitance pour des concurrents. Ambitieux, il persuada notre PDG que ces ventes avaient un caractère purement industriel, qu'elles devaient en conséquence échapper totalement à mon réseau commercial et être gérées par lui-même. Le volume ainsi vendu devint en peu de temps significatif, et notre PDG ne manquait plus de mettre en avant les qualités commerciales du Directeur Industriel.
De mon coté, j'avais pour habitude de rentrer, depuis longtemps, librement dans le bureau de mon PDG pour lui faire part d'une idée ou pour lui demander un conseil. Jusqu'au jour où il me fit comprendre que notre management s'était professionnalisé et que dorénavant je devrais moi aussi suivre les procédures et prendre systématiquement un rendez-vous avec son assistante pour les rencontres informelles. A l'occasion d'une des réunions du lundi, j'informais les membres du Comité Exécutif que mes Directeurs de Succursales se plaignaient que des revendeurs vendaient à nos clients nos produits sous traités à des prix inférieurs aux prix de transfert que nous leur facturions en tant que Centre de Profit. J'avais eu la confirmation de ces éléments par le DAF, celui-ci m'ayant communiqué discrètement un listing montrant que certains marchés avaient été conclus non pas avec des concurrents mais avec des revendeurs à des prix inférieurs à nos prix de revient standard. Quel ne fût pas mon étonnement, comme celui du DAF, de constater que mon PDG prit immédiatement la défense du Directeur Industriel en développant une longue théorie sur les coûts marginaux, de la nécessité d'amortir des frais généraux et que mes forces de ventes proposant des produits de marque devaient être à même de pouvoir les vendre 50% plus cher. Au lieu de me faire le porte parole de leurs doléances, c'était à moi de les mobiliser, et de faire mon travail de Directeur Commercial. Rapidement, j'en conclus que mes jours dans l'entreprise étaient comptés et qu'il me fallait en tirer les conséquences.
Conseillé par un ami, j'ai identifié des cabinets d'Outplacement et j'en ai sélectionné un de petite taille, son dirigeant ayant une approche très opérationnelle de la recherche d'emploi. Il m'expliqua qu'il fallait définir très précisément le poste que je recherchais en mettant en exergue mes compétences et concevoir un plan d'action très personnalisé compte tenu de ma situation et de mon éloignement de Paris. Les conditions contractuelles étaient claires : un pilotage jusqu'à la signature d'un nouveau contrat de travail et un accompagnement pendant une période de six mois par la suite, en contre partie d'un chèque de caution qui ne serait encaissé que si je n'arrivais pas à faire prendre en charge l'Outplacement par ma société.
Tout en continuant à exercer mes fonctions, j'ai suivi à la lettre l'approche qui m'était prescrite, à l'insu de mon entourage. J'obtenais des rendez-vous que je réussissais à fixer, pour la plupart, le samedi. Quelques mois plus tard je signais un contrat pour un poste de Directeur Général Adjoint d'une filiale d'un groupe anglais. Fort de ce contrat en poche, je pris rendez-vous avec mon PDG pour lui dire qu'il ne me paraissait plus possible de travailler ensemble, l'état de confiance n'existant plus entre nous, et que le moment de se séparer était venu. Trop content de pouvoir se débarrasser de moi et de pouvoir introniser son poulain, il donna rapidement son accord sur une transaction et la prise en charge par la société d'une mission d'Outplacement.
Je me félicite aujourd'hui d'avoir anticipé ma recherche d'emploi car je sentais qu'un jour ou l'autre mon PDG aurait lancé une procédure de licenciement. Fort de cette expérience, je recommande à mes amis de faire régulièrement une analyse de leur situation et de se poser la question de savoir s'ils font toujours partie des cadres sur lesquels on compte ou s'ils font partie des cadres d'exécution sans avenir dans leur société, de ceux qui ont « cessé de plaire » après une restructuration, un changement de supérieur hiérarchique ou encore comme dans mon cas, un patron qui veut vous remplacer. Si j'ai pu rebondir rapidement, c'est parce que dès le début, j'avais décidé, pour optimiser et accélérer ma recherche, de me faire accompagner par un professionnel en outplacement. Ce dont je me suis rendu compte, c'est qu'étant encore salarié de ma société, j'avais un avantage certain auprès des chasseurs de têtes, des cabinets de recrutement ou des futurs employeurs, sur mes challengers hors poste qui avaient le très gros handicap d'avoir à expliquer les raisons de leur licenciement et leur manque d'anticipation.
En conclusion, je dirais : il faut savoir anticiper, il ne faut jamais attendre le licenciement pour commencer les démarches d'un repositionnement professionnel et se faire accompagner. Trouver un emploi au niveau Direction – Direction Générale, où les postes sont très peu nombreux et les challengers nombreux, est un vrai job, à plein temps. Cela nécessite de suivre une méthodologie rigoureuse et spécifique et d'acquérir les techniques nécessaires.
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